Pamino



Pamino en été 2019, photo de Céline de Doglight

Je suis un muleton né début avril 1995. Je suis né dans une famille qui élevait des chevaux Franches-Montagnes et un jour ils ont décidé de faire un mulet...


Je suis vite devenu très grand et facétieux.


J'ai connu une première famille d'accueil où tout ne s'est pas déroulé comme prévu, puis je suis arrivé chez un monsieur qui faisait des randonnées à dos de mulet.

Là j'ai été adulé et aussi un peu mis au pas. Quand ce monsieur a cherché à vendre ses mulets, il m'aurait bien gardé mais je me suis tout de même retrouvé à Montricher avec mon copain Beat chez René et Sandra.


Moi on m'avait vendu comme mulet 100% sûr, mais j'ai quand même fait quelques bêtises avec mon pote Beat avant de me décider à collaborer avec ces nouveaux bipèdes.


Il faut dire qu'assez vite on s'est retrouvé avec des cours de dressage afin de nous tenir tranquille.


Personnellement j'ai toujours fait le strict minimum en dressage, ce qui convenait parfaitement à mon cavalier, René. On faisait de l'équitation agricole, qu'il disait. Moi je ne me fatiguais pas trop.


J'ai appris à Sandra qu'il faut être ferme et juste quand on me demande les choses. Elle savait qu'ensuite elle pouvait me faire confiance à 200%.


Je suis par contre devenu un bon partenaire de randonnée, René a passé son brevet de cavalier randonneur avec moi, une bonne monture pour les enfants malgré mon mètre septante au garrot et je me suis prêté volontiers aux séances de thérapie et aux camps que Sandra a organisé. J'aimais bien la voltige, quand il y avait plein d'enfants sur mon dos.






Nous avons aussi fait plusieurs autres activités pour nous amuser, comme les trophées du Mulet à Leysin ou les Ritts de l'association des amis du mulet ou encore nous avons participé au CHI de Genève.





Personnellement j'aimais bien voir du paysage et j'aimais bien voir du monde nouveau.

Mon pote Beat lui n'aimait pas trop ça, mais on a tout fait ensemble.


Par contre en randonnée je le laissais ouvrir la marche et j'aimais bien rêvasser derrière lui ou derrière Désirée, notre jument.


Quand j'ai eu 17 ans, j'ai failli mourir parce que j'avais un peu mal au ventre, mais ça allait encore et quand j'ai dit à mes humains que j'avais mal, il a fallu m'emmener à Berne au Tierspital et m'opérer. Je ne suis pas passé loin de finir ma vie en terres bernoises. Mais contre tous les avis et après un bon mois passé là-bas, je suis revenu à la maison. Je me suis battu pour revoir mes copains, ma jument et mes humains.


J'ai eu la chance de passer les 20 dernières années de ma vie à Montricher, en stabulation avec un troupeau hétéroclite qui s'est parsemé ces dernières années.





J'ai essayé d'ignorer les messages de mon corps ces dernières semaines. Je sentais un essoufflement, puis de l'œdème s'est installé. J'ai encore profité du soleil, de la stabulation, de surveiller la maison et la famille de mes humains, que j'aimais tellement voir descendre vers nous en nous appelant. J'ai profité de tenir tête à Une Follie et j'ai dit au revoir à Désirée.


Puis ce matin j'avais vraiment mal alors j'ai montré à René et Sandra qu'ils pouvaient appeler le vétérinaire.


Je me suis endormi au parc, couché dans l'herbe que j'aime tant.


Et de la grande prairie je continuerai à veiller sur Désirée et le jardin.